Jane Street a consigné les 4 843 crores de roupies exigés par le Sebi ; le 21 octobre, le tribunal décidera de ce qu'elle pourra consulter
Le 21 octobre, le Securities Appellate Tribunal se prononcera sur l'accès de la société de trading aux journaux de transactions sur lesquels repose le dossier de manipulation du Sebi. Jane Street a déjà consigné les 4 843 crores de roupies (48,43 milliards) exigés, suspendu ses activités en Inde et, par ailleurs, engagé environ 6 milliards de dollars dans le cloud d'IA de CoreWeave.
Richard Tang · 3 min read
Le gendarme indien des marchés financiers, la Securities and Exchange Board of India (Sebi), a affirmé cette semaine devant le tribunal d'appel des valeurs mobilières que Jane Street avait réalisé environ 4 000 crores de roupies (40 milliards de roupies) en négociant des options, et a fait retomber sur la société la charge de prouver que sa stratégie ne relevait pas de la manipulation 1. Rien de tout cela n'a encore été tranché : le chiffre des profits émane des conclusions du régulateur 1.
Le 21 octobre, le Securities Appellate Tribunal (SAT), la juridiction d'appel de la régulation des marchés indiens, statue sur la question qui vient en premier : Jane Street obtiendra-t-elle le dossier d'enquête que sa défense juge indispensable 23 ? L'enjeu dépasse Mumbai. La société de trading américaine à l'origine de ces profits finance aussi le déploiement de l'IA, avec environ 6 milliards de dollars engagés auprès du spécialiste du cloud CoreWeave−1.43% — CoreWeave, down 1.43 percent today 4.
Les opérations que le Sebi qualifie de manipulation
Selon la version du Sebi, Jane Street a utilisé ses achats sur les marchés au comptant et à terme pour soutenir le Bank Nifty, un indice des grandes valeurs bancaires indiennes, tout en se constituant d'importantes positions courtes sur les options de cet indice, concentrées les jours d'échéance 236. L'ordonnance à l'origine de l'affaire est tombée le 3 juillet 2025 6. Rendue sans audience préalable, elle interdit à Jane Street l'accès aux marchés indiens et réclame 4 843 crores de roupies au titre de gains présumés illicites 3.
Darius Khambata, l'avocat principal de la société, parle d'opérations de couverture standards à l'échelle mondiale, expliquées par écrit au Sebi et à la National Stock Exchange (NSE) en août 2024 5. La société a consigné les fonds, suspendu ses transactions en Inde, et affronte ce que son conseil décrit comme l'ordre de consignation le plus important jamais émis par le Sebi 5.
Selon certaines mesures, les volumes échangés sur le Bank Nifty ont été divisés par deux au cours des cinq séances qui ont suivi l'interdiction 6. Les sociétés de trading pour compte propre comme Jane Street assurent environ la moitié des volumes d'options en Inde, avertissait le directeur général de Zerodha au moment où l'interdiction tombait 6.
Deux examens antérieurs n'avaient apporté aucune preuve
Une revue de la NSE en novembre 2024, puis un examen mené en décembre 2024 par le propre département de surveillance intégrée du Sebi, n'ont trouvé aucune preuve que les transactions de Jane Street aient influencé les cours des indices, selon ce qui a filtré ; le département proposait de classer l'affaire 36. Le Sebi a alors constitué une nouvelle équipe, avant d'émettre son ordre plusieurs mois plus tard 6.
Jane Street réclame les journaux de transactions avec le détail des contreparties, le rapport de surveillance ainsi que la correspondance du Sebi avec la bourse 3. Le Sebi juge les données de contreparties sans pertinence à ce stade ; ses avocats font valoir que les examens antérieurs n'avaient porté que sur des fenêtres de temps étroites, depuis supplantées par une analyse minute par minute 136. Un régulateur confiant dans cette analyse n'a rien à perdre à ouvrir le dossier.
L'exposition cotée passe par CoreWeave
Jane Street n'est pas elle-même cotée : la partie négociable de cette histoire se résume donc à CoreWeave, le fournisseur de cloud d'IA coté au Nasdaq 4. En avril, la firme a ajouté une prise de participation d'un milliard de dollars à son engagement dans le cloud 4, et, lors de sa conférence de résultats du premier trimestre, CoreWeave recensait des clients des services financiers représentant près de 10 milliards de dollars de carnet de commandes contractualisé 7.
La société porte 35,6 milliards de dollars de dette, tandis que son chiffre d'affaires progresse à un rythme composé 8. Sa dernière émission de dette est adossée aux infrastructures et à un contrat client : les clients engagés font donc eux aussi partie de l'équation de crédit 8.
CoreWeave : un chiffre d'affaires en hausse à chaque trimestre depuis deux ans
Data
| Chiffre d'affaires | |
|---|---|
| T3 24 | $0.58B |
| T4 24 | $0.75B |
| T1 25 | $0.98B |
| T2 25 | $1.21B |
| T3 25 | $1.37B |
| T4 25 | $1.57B |
| T1 26 | $2.08B |
| T2 26 | $2.58B |
La décision sur le dossier conditionne la bataille sur le fond
La décision attendue le 21 octobre tranche la question des preuves, non celle de la culpabilité ; l'examen au fond viendra ensuite 23. Si le tribunal ordonne la communication des pièces, la défense obtiendra le rapport de surveillance qui proposait de classer l'affaire, les journaux des contreparties et la correspondance entre le Sebi et la NSE que Khambata estime devoir figurer dans son dossier 35. S'il refuse, Jane Street combattra la restitution des gains avec les seuls extraits que le régulateur a bien voulu partager 3.
Aucun document ne relie l'engagement envers CoreWeave à l'affaire indienne ; le lien, c'est qu'un même bilan soutient les deux. Si la restitution des gains est maintenue, ce bilan sera amputé du montant consigné ; si le dossier s'ouvre et que la défense tient bon, le moteur de profits qui alimente le financement de l'IA continuera de tourner 34. Un marché de la taille de celui de l'Inde repose sur ses apporteurs de liquidité, et des profits à cette échelle justifient d'examiner une telle société à la lumière du jour avant de qualifier ses gains d'illicites.
Deepdive
AI-generated from this story and its cited sources. Not investment advice.



