OpenAI a payé Microsoft pour aspirer la presse en secret — chez Meta, les petites lignes fixent le prix à zéro
Une pièce judiciaire rendue publique le 16 octobre 2026 révèle qu'OpenAI a payé Microsoft pour exploiter un robot d'aspiration de contenus de presse tenu « secret », qui a copié plus de 160 000 œuvres d'éditeurs de presse pour entraîner GPT-4o — le montant versé et le nombre de pages aspirées restent sous scellés. Les conditions commerciales remaniées de Meta, applicables au 30 octobre, autorisent la même collecte sur les sites d'actualité, sans aucune possibilité d'opposition.
Vincent Jiang · 3 min read
OpenAI$1.18T — OpenAI, private, latest valuation $1.18T a payé Microsoft−2.35% — Microsoft, down 2.35 percent today pour mettre au point et exploiter un robot d'aspiration de sites web (crawler) baptisé « projet Mango », et Microsoft a demandé à ses équipes de garder ce projet « secret », révèle une pièce judiciaire en partie rendue publique le 16 octobre 2026 1.
Cette requête émane d'éditeurs de presse conduits par le New York Times, qui poursuivent OpenAI et Microsoft pour violation du droit d'auteur devant le tribunal fédéral de Manhattan 1. Les copies réalisées dans le cadre de Mango ont contribué à l'entraînement de GPT-4o et portent sur plus de 160 000 œuvres des plaignants 1. Le montant versé par OpenAI à Microsoft, le nombre de pages aspirées et le nombre d'accords de licence conclus par les deux entreprises restent sous scellés ; Microsoft a retiré certaines demandes de caviardage le 9 octobre, après que les éditeurs s'y sont opposés 1.
Les propres équipes de Microsoft qualifiaient cette chaîne de vol
Brent Hecht, directeur de la science appliquée chez Microsoft, écrivait que les gens verraient bientôt dans les modèles qui « aspirent » leur travail « un vol stupéfiant d'une ampleur sans précédent » et « le plus grand vol de travail de l'histoire de l'humanité » 2. Nick Turley, responsable de ChatGPT chez OpenAI, a déclaré que ces outils « sont largement substitutifs, un point c'est tout », et un document d'orientation de Microsoft affirmait : « Les LLM sont un produit qui détruit sa chaîne d'approvisionnement » 2. Microsoft répond que ces propos n'engagent qu'un employé, et non l'entreprise 2.
La pièce judiciaire donne aussi la mesure de la demande qui nourrit ce bras de fer. Un expert mandaté par OpenAI a établi que 1,88 % des messages envoyés à ChatGPT en juillet 2025 portaient sur l'actualité ; en appliquant cette part aux 2,5 milliards de prompts quotidiens, les éditeurs sont parvenus à environ 47 millions de demandes d'actualité par jour 1.
Chez Meta, le prix de ces contenus tient dans une clause
Les conditions commerciales remaniées de Meta−4.28% — Meta, down 4.28 percent today entrent en vigueur le 30 octobre 2026 et autorisent des robots d'aspiration et d'exploration, et même des « identifiants de test », à collecter les contenus des sites « associés » à des comptes professionnels et à les utiliser pour « entraîner » les produits de Meta 34. Aucune opposition n'est prévue ; la seule issue consiste à renoncer à tout usage professionnel de Facebook, d'Instagram et de WhatsApp — or la quasi-totalité des organisations de presse disposent d'un tel compte 3.
Meta assure qu'« il n'y a aucun changement dans la façon dont Meta utilise ses robots d'exploration du web », et que le robots.txt, le fichier que les sites utilisent pour barrer la route aux robots, continue de prévaloir 35. Trois juristes ayant passé ces conditions au crible estiment qu'on peut les lire comme une autorisation d'entraîner les modèles de Meta sur les sites d'information, des contenus qui « coûteraient probablement plusieurs millions de dollars sur un marché de licences » 3.
Ces dernières années, les éditeurs de presse ont fixé le prix de leurs archives en négociant des accords de licence au cas par cas ; une clause qui met la main sur les mêmes contenus sans bourse délier fragilise chacune de ces négociations 6.
C'est désormais un juge qui tient la grille tarifaire
Le département américain de la Justice a fait savoir au tribunal que l'entraînement des modèles sur des œuvres protégées par le droit d'auteur constitue, en soi, un usage raisonnable (« fair use »), apportant ainsi son soutien à OpenAI et Microsoft contre les éditeurs de presse 7. Les pièces les plus solides des éditeurs de presse sont les mots des défendeurs eux-mêmes : Satya Nadella, PDG de Microsoft, a témoigné que les contenus sous paywall devaient faire l'objet d'une licence, et des métriques internes montraient les taux de clic vers les sites d'information en recul de 83 à 93 % lorsque Copilot, l'assistant IA de Microsoft, répondait à la place de la recherche 8.
Des requêtes croisées de jugement sur pièces, déposées en septembre, trancheront quels griefs iront jusqu'au procès, tandis que Bloomberg Law, le service d'information juridique qui demande au tribunal de lever les scellés, combat les caviardages restants 1. Deux dates comptent désormais : celle de la décision sur ces requêtes, et le 30 octobre, jour où tout éditeur qui continue d'utiliser Meta à des fins professionnelles sera réputé avoir accepté les nouvelles conditions.
Deepdive
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