Premier trimestre en solo pour Honeywell : la preuve par les coûts, pas encore la prime à l'autonomie
Premier trimestre publié depuis l'éclatement du groupe : des résultats supérieurs aux attentes et des prévisions relevées, construits sur la réduction des coûts plus que sur la demande. Reste à savoir si la société d'automatisation qui subsiste décrochera un multiple de logiciel. Tout dépend désormais d'un seul chiffre, issu de ses prévisions, et qu'elle doit tenir.
Richard Tang · 2 min read
Honeywell Technologies+0.51% — Honeywell Technologies, up 0.51 percent today publiait ce matin les résultats de son premier trimestre en tant que société indépendante, et toute l'histoire tient dans l'écart entre deux chiffres. Les ventes organiques ont progressé de 7 % 1. Le résultat opérationnel a bondi de 79 % 1. Le bénéfice ajusté s'est établi à 2,27 dollars par action, au-dessus des attentes 2. Un trimestre ne devient pas aussi rentable sur la seule demande, et le 8-K le dit lui-même.
C'est l'éclatement qui a fait les profits
La société qui publie aujourd'hui ses comptes est ce qu'un fonds activiste a laissé derrière lui. Elliott Investment Management a poussé à la scission en trois de l'ancien conglomérat 4 : la branche de matériaux avancés est partie fin 2025, Honeywell Aerospace−0.16% — Honeywell Aerospace, down 0.16 percent today (désormais cotée au Nasdaq sous le ticker HONA) en juin, et l'activité d'automatisation d'entrepôts a trouvé preneur en juillet 4. Le démantèlement engagé depuis plusieurs années est aujourd'hui achevé 5.
Ce qui restait portait des frais généraux taillés pour un groupe bien plus vaste, et le 8-K attribue le bond de rentabilité à l'élimination de ces coûts orphelins, à des hausses de prix supérieures à l'inflation et à l'effet de volume 1. Le chiffre de trésorerie qui fait peur au premier abord renvoie à un règlement ponctuel avec Resideo comptabilisé au trimestre équivalent de l'année précédente, non à une dégradation : le flux de trésorerie disponible a progressé de 15 % 1.
Après deux années de recul des marges opérationnelles 6, la marge sectorielle de 21,3 % apporte la première preuve que le redressement est réel 1.
Un seul objectif décide de la thèse d'investissement
Le scénario haussier tient en un mot : le multiple. Honeywell s'échange à 8,1 fois ses bénéfices 6 ; la société médiane du S&P 500 se paie, elle, 22,7 fois 6. Les analystes ont maintenu leurs recommandations ce mois-ci, tout en ramenant leurs objectifs de cours entre 231 et 270 dollars 3 — de quoi traduire une posture d'attente.
La thèse s'effondre si l'objectif de marge sectorielle annuelle, tout juste relevé à environ 20,5 % n'est pas tenu 17. Derrière cet objectif, la preuve de la demande : un carnet de commandes proche de 19 milliards de dollars et toujours en croissance 1. Quant à l'acquisition des activités de catalyseurs de Johnson Matthey, bouclée en juillet, elle constitue un frein délibéré et visible sur les marges de Process Automation, pendant que l'activité de projets dans le GNL et la pétrochimie continue de progresser 16.
La marge s'est redressée sur un trimestre ; l'objectif impose de la tenir
- Marge sectorielle
- Estimate
Data
| Marge sectorielle | |
|---|---|
| T3 2025 | 17.6% |
| T2 2026 | 19% |
| T3 2026 | 21.3% |
| Objectif 2026 (estimate) | 20.5% |
La prime à l'autonomie reste à conquérir
Le récit que Honeywell fait de lui-même dépasse la simple réduction des coûts. Ses systèmes de contrôle-commande font déjà tourner des raffineries, des hôpitaux et des centres de données. Son dernier-né, Forge Cognition, une plateforme d'IA agentique et de simulation développée avec NVIDIA et Dell, est destiné à l'exploitation des installations : conçu pour proposer des actions, il n'agit qu'avec l'accord de l'opérateur 8.
Cette chaîne part des équipements de contrôle installés, passe par les données d'exploitation et aboutit au logiciel qui pilote les usines ; rien, dans le chiffre d'affaires du trimestre, ne montre encore ces derniers maillons. C'est l'éclatement qui a fait les bénéfices ce trimestre, et il faut porter au crédit de l'équipe de Kapur une marge qui reculait depuis deux ans 16.
La réévaluation boursière est un second chantier, plus difficile : tenir cette marge, puis transformer des décennies de données issues du parc installé en logiciels que les clients exploitent. La première tâche relève presque de la mécanique. La seconde est tout le pari, et c'est là que se joue la récompense.
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